Make.org a publié les résultats de la consultation « Dialogue National IA », ouverte pendant VivaTech le 12 juin 2025 et close le 5 octobre. La question tenait en une phrase : comment l’intelligence artificielle peut-elle améliorer la vie des Français en limitant les risques pour la société. 33 922 personnes y ont participé, 1 025 propositions ont été déposées et 102 236 votes enregistrés. L’opération réunissait Kéa, la Caisse des dépôts, l’Inria, La Poste et Viva Technology, avec le ministère chargé de l’Intelligence artificielle et du Numérique, le Conseil national du numérique, la Croix-Rouge française, le Groupe SOS et les Cafés IA. Make.org
Les idées qui rassemblent le plus
Make.org regroupe les meilleures propositions en grandes idées, classées à partir des votes pour et contre et des mentions coup de cœur, réaliste, banalité et surtout pas. Douze idées ressortent, réparties en sept axes.
| Idée | Niveau d’accord |
|---|---|
| Éduquer les jeunes aux usages et aux enjeux de l’IA | 93 % |
| Former et sensibiliser tous les citoyens à l’utilisation responsable de l’IA | 89 % |
| Rendre obligatoire la signalisation de l’utilisation de l’IA | 88 % |
| Protéger les données personnelles et la propriété intellectuelle | 87 % |
| Mieux encadrer l’IA selon un cadre éthique, juridique et démocratique | 87 % |
| Maintenir le contrôle et la décision humaine | 85 % |
| Assurer la transparence et la fiabilité des systèmes d’IA | 85 % |
| Responsabiliser les entreprises IA | 81 % |
| Mettre l’IA au service des personnes vulnérables | 81 % |
| Anticiper et accompagner l’impact de l’IA sur l’emploi | 80 % |
| Prendre en compte l’impact environnemental et énergétique de l’IA | 79 % |
| Réguler et encadrer l’IA à l’échelle internationale | 78 % |
Aucune interdiction générale de l’IA ne figure dans ce classement. Les deux idées les mieux notées portent sur l’éducation et la formation, devant l’obligation de signaler qu’un contenu ou un service a été produit avec de l’IA.
La gouvernance occupe un tiers du débat
La cartographie des thèmes cités par les participants place la gouvernance et l’encadrement en tête, avec 32 % des mentions, devant l’éducation avec et sur l’IA à 20 %. Viennent ensuite l’environnement à 10 %, le travail et les entreprises à 8 %, l’amélioration des services publics à 8 %, la santé à 7 %, la protection des données et la vie privée à 6 %, la sécurité et la souveraineté à 6 %, l’inclusion et l’accessibilité à 5 %. Le sujet économique, très présent dans les discours publics sur l’IA, occupe une place modeste dans ce que les participants ont écrit.
Les propositions qui divisent
Make.org isole les propositions clivantes, celles qui recueillent autant d’adhésion forte que de rejet net. Remplacer toutes les tâches possibles par l’IA dans les services publics obtient 36 % de votes pour et 44 % contre. Interdire l’accès des modèles de langage aux mineurs obtient 45 % pour et 38 % contre, et donner à chaque élève un accompagnement IA personnalisé 37 % pour et 42 % contre. La proposition la plus rejetée demande de réserver l’usage de l’IA à des professions autorisées, chercheurs et médecins, avec 29 % pour et 56 % contre. À l’inverse, l’idée d’intégrateurs IA français au service de l’indépendance des entreprises passe à 52 % pour et 20 % contre.
Ce qu’une entreprise peut en retenir
Trois attentes sont assez nettes pour servir de repère à une PME qui déploie des outils d’IA. La signalisation des usages d’abord, portée par 88 % d’accord : dire quand une réponse client, un texte ou un visuel a été produit avec de l’IA. C’est aussi une obligation de transparence prévue par le règlement européen, détaillée dans notre article sur les obligations de l’AI Act. La protection des données ensuite, à 87 %, qui se traduit en interne par une règle écrite sur ce qui peut sortir de l’entreprise et vers quel outil. Le maintien de la décision humaine enfin, à 85 %, donc une validation par une personne identifiée sur tout ce qui engage un client ou un salarié.
La demande de formation, elle, arrive en tête des deux côtés du classement : 93 % pour l’éducation des jeunes, 89 % pour la sensibilisation de tous les citoyens. Dans une entreprise, cette attente prend la forme d’équipes à qui l’on ouvre un outil sans méthode ni cadre, et qui l’abandonnent au bout de quelques semaines.
Qui s’est exprimé
La consultation n’est pas un sondage représentatif, et Make.org publie les écarts. Les 45-54 ans pèsent 22 % des votes pour 16 % de la population, les plus de 65 ans 21 % pour 26 %. La répartition par genre donne 57 % d’hommes et 41 % de femmes. Ces chiffres décrivent ceux qui ont participé, pas l’opinion française dans son ensemble.
Questions fréquentes
Qui a organisé cette consultation ?
Make.org, à l’initiative de Kéa, la Caisse des dépôts, l’Inria, La Poste et Viva Technology, en partenariat avec le ministère chargé de l’Intelligence artificielle et du Numérique, le Conseil national du numérique, la Croix-Rouge française, le Groupe SOS et les Cafés IA.
Les résultats ont-ils une portée réglementaire ?
Non. Une consultation citoyenne alimente le débat public et les travaux de ses organisateurs. Pour une entreprise, le cadre qui s’applique reste l’AI Act et le RGPD.
Quel est le volume de participation ?
1 025 propositions, 33 922 participants et 102 236 votes entre le 12 juin et le 5 octobre 2025.
Où lire le détail des résultats ?
Sur la page de résultats de Make.org, qui met aussi à disposition le rapport d’analyse complet en téléchargement.
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